Expédition Manaslu 2015, 8163m
Mojo, Philippe et Mingma : le blog de leur expédition

 

Avant départ, point matériel à Grenoble

 

Matériel d'expédition pour un 8000m Matériel d'expédition pour un 8000m

Et oui, avec Philippe l’électronique embarquée est toujours impressionnante mais c’est pour nous ramener des images fabuleuses.

C’est parti

Roissy, 18h25 enregistrement des bagages avec Mojo, Mojo c’est mon premier de cordée. Là nous avons frisé le retour à l’envoyeur…nous bien naïfs nous avions pris 5 kgs d’excédent de bagages…pour un huit mille il faut plus de slips et de chaussettes….
Mais là c’était presque la correctionnelle 5 kgs de trop !!! Bon profil bas et nous sommes ok pour repayer 140€… Mais la nous avons senti le vent du boulet…. J’entends le gentil guichetier nous dire mais ici ce n’est pas du tout le même tarif cela vous fera 300€…. La, j’entends Mojo : »Raté le Manaslu nous sommes repartis pour nous refaire une 2304eme fois la Croix de Chamrousse ou le Moucherotte!!! » Et puis de sourires en sourires, de blagounettes en blagounettes, l’humanité reprend le dessus et le gentil monsieur d’appuyer sur le bouton magique qui expédie nos deux supers bags vers les contrées tant convoitées…. Ouf…

Matériel d'expédition pour un 8000m Matériel d'expédition pour un 8000m

Départ pour Kathmandu, tous ce matériel est rentré dans deux gros sacs, mais les kilos…

Matériel d'expédition pour un 8000m Matériel

Le premier vol de Mojo, let’s go Népal !!!

Les protagonistes

Philippe Mojo

Notre beau Philippe et le héro de l’expédition, Mojo !!!

Arrivée à Kathmandu

Voila une belle première journée, très entouré par Haribol, Babulal et Mingma. Dixit ses pairs, Mingma is a very strong guide… Ben oui, on se dit avec Mojo qu’un gars qui a réussi 13 jois l’Everest, 7 fois le Manaslu, le Cho Oyu, le Dhaulagiri, le Mkalu, l’Annapurna… Bon la, on arrête, en fait on est vraiment peinards, c’est pas lui qui va couler une bielle…

Avec le pti Mojo il va falloir qu’on assure grave… En plus, le Mingma il a vérifié tous notre matériel jusqu’aux chaussettes, un vrai pro on vous dit…
Passage rigolo : nous parlions de l’ascension avec lui et lui de nous dire : « Si summit, descente directos au camp de base… » Il a du penser que nous étions nés d’une idylle entre un Jedi et un terminator… Nous lui avons gentiment répondu bistaré, bistaré…
Et puis, on s’est dit avec Mojo qu’il ne fallait pas mollir, direction une bière !!!

Bière du départ

Le dernier jour à Kathmandu

Mingma vérifie le matériel

Vérification du matériel avec Mingma avant le départ en Jeep pour Arughat.

 

 

Drapeau Tribeni Trek pour la départ de l'expédition du Manaslu

Photo du départ avec Haribol est entouré de Philippe et Mingma et le drapeau de Tribeni trek qui va aller au sommet, version mini pour le poids…

Nouvelles du 5 septembre

Les dernières nouvelles, Philippe, Mojo et Mingma ont pris l’hélicoptère avec un portage de matériel comme prévu aujourd’hui pour rejoindre Samagaon à 3400m. La première incertitude météo est levée pour cette première étape aérienne qui permet à notre power team de gagner un temps précieux qui sera mis à profit pour une bonne acclimatation. Aujourd’hui, c’est une journée tranquille avec la visite du village de Samagaon et de son monastère.

Approche d'un hélicoptère pour son atterrissage à Samagaon au pied du Manaslu. Arrivée d'un hélicoptère à Samagaon

Approche d’un hélicoptère pour son atterrissage à Samagaon au pied du Manaslu. Le sommet qui semble le plus haut au premier plan est en fait l’antécime, le véritable sommet du Manaslu à 8163m est le sommet de gauche, voila donc l’objectif, c’est haut !!! L’autre photo est l’arrivée d’un hélicoptère à Samagaon. PS : ce sont mes photos mais l’arrivée de Philippe a du ressembler à cela.

 

 

 

7 septembre

Philippe et Mingma sont à Samdo, ils vont sans doute faire un petit saut en altitude un peu plus haut du côté de Dharamsala pour faire des globules rouges. Tout va bien, le moral est au beau fixe. Pour donner l’ambiance, ci-dessous la photo du stupa de Samdo où Philippe a dormi, mais il n’a pas dû voir de neige à cette saison.

Stupa d'entrée du village de Samdo.

8 septembre

Ce soir, c’est le retour à Samagaon après l’excursion en altidue de Samdo et Dharamsala. Philippe et Mojo ont la caisse et monteront demain au camp de base à 4800m. Mingma est au petits soins et s’occupe de ces deux protégés qui sont très heureux et en parfaite forme. Ce soir c’est un peu l’excitation avant la montée au camp de base de demain. Si jamais c’est un peu dur, ils redescendront.

Stupa d'entrée du village de Samagaon.

Photo du village de Samagaon, au pied du Manaslu.

10 septembre – Le camp de base du Manaslu

Coup de fil ce matin, Philippe et Mojo sont au camp de base et tout va bien. Mingma est parti faire un saut au camp II pour voir l’état de la trace, il ne tient pas en place ce Mingma !!!
Pour Philippe et Mojo, c’est l’occasion de bouquiner et de faire le tour du camp de base où il y a beaucoup de monde, un petit village à 4800m, un village de tentes évidemment.
Mes photos pour donner l’ambiance de la montée avec la vue sur le glacier et le lac glacière bien plus bas et au fond le village, c’est Samagaon où Philippe a atterri. Et voilà le camp de base, le nouveau domicile de Philippe pour les semaines qui viennent.

Camp de base du Manaslu

Camp de base du Manaslu

Montée au camp de base du Manaslu Montée au camp de base du Manaslu et vue sur le glacier

Montée au camp de base du Manaslu, vue sur le glacier et Samagaon.

 

11 septembre

Ce matin Babulal a eu Philippe au téléphone et voila les nouvelles : « Le camp de base, c’est comme un petit village, il y a ici beaucoup de monde entre les équipes népalaises qui gèrent la logistique, les porteurs qui font des aller-retours avec Samagaon pour les approvisonnements et les grimpeurs comme moi.
Tout est… parfait, la nourriture, le sommeil et Mingma qui nous chaperonne Mojo et moi.
Hier, je suis monté un peu au-dessus du camp de base, c’est un peu crevassé mais sans danger. Demin, je prévois d’aller au camp I et d’y dormir puis d’essayer de monter encore un peu et de redescendre au camp de base. Bonjour à tous »

Lever de soleil sur le camp de base du Manaslu

Lever de soleil sur le camp de base du Manaslu, on voit seulement l’antécime sur cette photo.

 

13 septembre

Message de Philippe : « Depuis le 10 septembre, le mauvais temps s’est installé avec une limite pluie neige autour des 5000m. Hier (le 12), ma sherpa machine a décidé qu’on aille faire un run jusqu’au camp I, Mojo et moi harnachés comme des Terminators, lui avec son parapluie, no coment !!!
Ce matin nous partons pour le camp I et nous essayerons d’y passer une nuit, puis une nuit au camp II et nous essayerons de faire un saut au camp III pour redescendre au camp de base. Le moral est à l’opposé de la météo au beau fixe 😉 »
Mingma avec son parapluie sur le glacier à plus de 5000m comme on part chercher le pain, ça vaudra une photo !!!
La situation météo n’a rien de surprenant à cette période de l’année, c’est la fin de la mousson, le mauvais temps c’est installé sur l’ensemble du pays. Quelques photos pour donner l’ambiance.

 Mauvais temps arrivant sur le camp de base du Manaslu et Samagaon  Mauvais temps arrivant sur le camp de base du Manaslu et Samagaon  Mauvais temps arrivant sur le camp de base du Manaslu et le glacier Mauvais temps arrivant sur le camp de base du Manaslu et le glacier

L’arrivée du mauvais temps sur la vallée de Samagaon, jusqu’au glacier du Manaslu.

 

Camp de base du Manaslu dans la brume

Le camp de base du Manaslu dans le nuage.

14 septembre

Message de Philipe : « Ce matin départ pour 3 ou 4 jours, camp I, camp II, camp II et retour BC. Des bisettes à tous de Mojo et moi. »

Lever de soleil sur le camp de base du Manaslu

Lever de soleil sur le camp de base du Manaslu.

 

15 septembre

« Nous sommes toujours au camp I. Nous avons eu une grosse chute de neige durant la nuit et entendu des avalanches. Aucune visibilité mais une super ambiance et moral au camp I où nous sommes une vingtaine. Un 8000m, c’est jamais gagné. »

16 septembre

« Le temps n’est pas au mieux, descente au CB hier soir et maintenant on attend que le soleil soit le plus fort 😉 Demain on tentera une virée au camp I, II et II pour l’éclaircie météo qui est annoncée. Première douche pour Mojo et moi apèrs 10 jours sans se laver… »

17 septembre

« Arrivée au camp I avec Mingma et Mojo en 3H15 de montée dans une énorme tempête de neige. Trop cool le Manaslu, une énorme montagne qui ne se laisse pas faire mais la Tribeni team is very strong. Biz à tous 😉 » »

Le Manaslu dans les nuages

Le Manaslu à travers les nuages.

 

18 septembre

« Hier, à l’arrivée au camp I, nous avons retrouvé nos amis australiens, dans cette journée blanche. Mais un de nos amis, Jack n’allait pas bien, un gros mal de tête. La tempête continue. Tout ela soirée Mojoa été fâché car entre le fromage, Mingma et moi, il a l’impression de vivre dans une cave d’affinement de munster.
Ce matin, tout le monde a abandonné le camp II, trop dangereux. A 9H15, une big avalanche est passée à gauche du camp I, qui lui semble relativement sûr. Nos amis australiens sont redescendus car Jack est très malade. Mojo, Mingma et moi restons encore un jour et une nuit au camp I, puis retour au camp de base demain. Bizet »

20 septembre

« Après avoir fait un saut au camp II, nous sommes redescendus au camp de base. La météo est toujours pas terrible. »

21 septembre

« Tout roule au camp de base, on boit de la bière avec Mingma et Mojo. Beaucoup sont stressés par le sommet, nous pas du tout. On est pot avec tous les sherpas, nice human adventure. »

Camp de base du Manaslu

Voila le camp de base du Manaslu quand le beau se décide.

22 septembre

« Je glisse quelques mots de népalais grâce au lexique que tu m’as fait et cela me permet d’avoir un bon feeling avec les sherpas et le staff. Mon vocabulaire rudimentaire fait aussi beaucoup rire 😉
Sinon, l’ambiance d’un camp de base sur un 8000m est très spéciale et beaucoup sont difficiles à supporter car seulement obnubilés par l’exploit et ne partage rien. La vie est rythmée par la chute de Séracs. Demain, il y a un match de volley au camp inférieur.
Je n’ai jamais autant appris sur moi et sur les hommes depuis cette solitude qui dure au camp de base depuis déjà 14 jours car sur 24 heures tu es seul 19. Je préfère de loin l’attention de Mingma et d’autres sherpas que le nombrilisme de mes congénères.
Mais tout n’est pas à jeter, j’ai aussi fait de très belles rencontres de personnes qui aiment la vie. Un couple de jeunes australiens, Jacinta et Dan, un jeune guide péruvien, très fort et pétri d’humilité, Debh, sage indien qui parle juste quand c’est nécessaire et bien sur Mingma, la sherpa machine avec qui la vie semble si belle et si facile. Biz »

23 septembre

« La vie au camp de base se déroule dans un cadre somptueux, juste au pied du Manaslu. La logistique est incroyable, trois tentes cuisine, trois tentes mess et tentes douche, WC. Nous avons de la nourriture et boisson à profusion et le soir, éclairage publique !!! Mais si tout cela peut me paraitre excessif, tout est fait pour atténuer l’altitude, le mauvais temps et les grands moments de solitude.
Demain, départ pour le summit push, donc ce matin essayage des masques à oxygène. Biz à tous »

Sommet du Manaslu

Le sommet du Manaslu et son antécime.

24 septembre

« Ce matin, grand beau et grosse activité au camp de base car nous sommes au moins une vingtaine à partir après le lunch. Mon sac est déjà lourd et il va falloir rajouter le gros duvet et la doudoune que nous avons laissés au camp I.
Demain, l’ascension de la Ice fall va nous griller des cartouches. Biz à tous »

En route vers le camp I du Manaslu

En route vers le camp I du Manaslu.

25 septembre

Petit changement de programme, le sommet qui était prévu pour le 28 septembre est décalée d’une journée. Le vent sera fort le 28 et il y a du monde devant, alors la Tribeni team a décidé de viser le 29 septembre. Donc une nuit supplémentaire au camp I qui améliorera l’acclimatation. Au programme aujourd’hui, lecture et patience, ça fait partie du jeu. Mojo, Philippe et Mingma ont toujours la forme et un moral impeccable.

26 septembre

« Le Camp I appel la terre !!! Depuis hier, nous sommes seulement 15 sur la montagne. Cool ce matin, réveil à 7H00 après une nuit de dix heures. Petit déjeuner au lit avec une vue époustouflante. Aujourd’hui, nous restons au camp I car le camp IV n’est pas ouvert. Une énorme crevasse de 10 mètres de large barre la passage et pose un gros problème au sherpas qui équipent l’itinéraire. Une équipe de 5 sherpas va monter pour équiper cette partie.
A 9H40 au camp I nous sommes seulement 6, 3 sherpas qui nous cocoonent dans le domaine des dieux. Arrivent les 5 sherpas qui vont tenter d’ouvrir le camp IV au péril de leur vie pour tous les cons qui gueulent parce qu’ils ont payé et qui oublient que les déesses et les dieux ne s’achètent pas. Ces gens qui oublient que d’un homme n’a pas de prix.
J’adore écouter les sherpas discuter, toujours avec la banane, certains fument, ils rient et chantent avant de partir vers le sommet. Bonne chance les amis.
Demain, si la crevasse est franchie, nous partirons en direction du sommet.
Ici, il faut avoir l’humilité de n’être rien. Notre seul force, c’est le lien qui nous unit, deux hommes et une corde. Biz. »

Sommet du Manaslu depuis le camp de base

Sommet du Manaslu depuis le camp de base avec les drapeaux à prière en premier plan.

27 septembre

« Ce matin, départ à 7H00 du camp I. Cheminement difficile techniquement, très difficile physiquement et très dangereux car en permanence exposé aux séracs. Mais good job malgré un gros sérac. Avec Mojo et Mingma on a avalé 500m de dénivelé en 3H30 pour arriver au camp II à 6300m. Merci aux sherpas qui malgré leurs sacs de 35 kg nous cocoonent.
Mojo et moi, on a oublié de vous parler de nos repas, alors à midi d’abord, super terrasse face au Tibet. Alors après ce putain d’effort et l’altitude, toute cette douceur fait du bien. De chez nous, voilà les repas : café au lait super sucré, soupe de nouille super salée, Toblerone et Sprite. Maintenant une sieste. Biz à tous. »

Pose photos au camp de base du Manaslu

Pose photos au camp de base du Manaslu.

28 septembre

6H58 : alors que tout le monde annonce grand beau, neige et vent monstrueux se sont abattus toute la nuit sur nous, impossible de fermer l’œil.
Une incertitude plane toujours autour de l’accès au camp IV. Des sherpas sont passés au camp II, revenant du fameux passage et sans laisser grand espoir. Ce genre de contingence n’affecte en rien la bonne humeur de Mingma, ni son large sourire, mélange d’une bonhommie contagieuse et d’une force inébranlable.
14H00 : Nous sommes partis du camp II et arrivés vers 13H00 au camp III dans une alternance de brouillard et de soleil. A l’arrivée au camp II, dans la tempête Mingma nous a jeté dans une tente pour nous mettre à l’abri. Faut dire que ça envoie du lourd. On ne sait toujours pas si le camp IV est ouvert. Biz à tous. »

Vue de l'est du sommet du Manaslu

Vue de la face est du sommet du Manaslu.

29 septembre : J-1

« Après une bonne nuit au camp III, le vent se calme et c’est grand beau pour deux jours. Les sherpas ont réussi à ouvrir le camp IV, alors nous continuons l’aventure. Biz à tous. »

Philippe vient d’appeler, vers 17H00, heure de Kathmandu. Il est bien arrivé au camp IV, après un mur de 40 à 45°. Finalement pas de difficulté majeure pour l’accès au camp IV mais de la neige à brasser et donc de la fatigue qui s’ajoute à l’altitude, au portage, au froid et au vent. Les équipes arrivent au fur et à mesure maintenant. Le sommet est maintenant à portée de vue. Demain est LA journée d’accalmie, LA fenêtre météo et Mojo, Philippe et Mingma sont au seuil de cette fenêtre. Cette nuit, ils s’enfonceront dans la nuit et surtout dans la neige pour arriver au sommet avec les premiers rayons du soleil. C’est dans une assurance joviale que Mingma me décrit la chronologie de l’ascension ne laissant aucun doute possible sur le succès mais le plus dur reste à faire…

30 septembre : le jour J, SOMMET atteint à 11H02, heure népalaise 😉

Philippe et Mingma au sommet du Manaslu

Philippe et Mingma au sommet du Manaslu à 8163m.

« Mingma, Mojo et moi, we did it. Sommet atteint à 11H02 et retour au camp IV, grosse fatigue. Biz à tous. »

Je viens d’avoir Philippe au téléphone, à 13H07, heure népalaise, soit deux heures après le sommet. Ils sont donc descendus très rapidement en deux heures du sommet au camp IV. Il est « ruiné » mais heureux maintenant c’est la longue descente qui commence pour perdre le plus possible d’altitude rapidement et rejoindre les zones moins hostiles.

20H15 au Népal : « Arrivée au camp I dans la nuit, bonjour la bambée. Biz à tous. »

1 octobre au camp de base du Manaslu

« Retour au camp de base ce matin à 9H40 avec une immense fatigue pour Mingma, Mojo et moi. Le cuisinier du camp de base nous a préparé une grosse cheese omelette, patate, crudité et bière… Respect au cook. Biz à tous. »

Ci-dessous une vue de la voie d’ascension que Philippe a suivi hier.
Vue nord du sommet du Manaslu

Vue nord du sommet du Manaslu.

2 octobre

« L’euphorie est retombée au camp de base faisant place à la consternation. Une triste nouvelle d’une autre équipe avec qui nous partagions la logistique : Zoltan est mort au camp IV et Jean-Luc est dans un état critique. Nous les avons croisés à la descente, ils montaient sans oxygène (leur objectif) et étaient très fatigués. Ils ont réussi le sommet et sont redescendus au camp IV où ils ont passés la nuit et Zoltan est mort dans la nuit. Deux sherpas du rescue team sont partis mais il leur faudra encore deux heures pour arriver et il a fallu une heure pour que l’assurance donne son feu vert pour l’hélicoptère. J’espère pour Jean-Luc. Biz à tous. »

Un peu plus tard, appel de Philippe : Appremment, depuis les sherpas ont descendus Jean-Luc au camp III ou au camp de base puis il a été emmené par héliciptère à Kathmandu. Il est maintenant à l’hopital très faible.

Message de fin d’après-midi : « Bon, malgré ce douloureux évènement qui fait partie du monde de ces géants que sont les 8000m, tout le monde est heureux, le staff, les sherpas et tous les summiters. Pour ma part, grosse fatigue, lèvres explosées, neurone débranché, facile j’en avais qu’un ; magnifique, fantastique, difficile, dangereuse aventure et même si je vous aime, le retour parmi vous sera difficile. Dernier message du camp de base. Biz à tous »

3 octobre

« Nous voila de retour à Samagaon après 2 heures de marche. Juste le plaisir de revoir la couleur verte des arbres et de l’herbe, entendre le chant d’oiseaux traversant la rivière et boire des bières à une altitude où respirer se fait normalement . Biz à tous. »

Descente du camp de base du Manaslu vers Samagaon

Descente du camp de base du Manaslu vers Samagaon.

Sherpamachine

« Il est grand temps que je vous parle de ce qu’on appelle au camp de base les sherpamachines. Même si quelques mots ne suffiront pas, tant leur humainté est grande, tant leur dévouement est sans limites, tant leur force est incroyable… Au-dessus de 7000m, ils se transforment en extra-terrestres, ils entrent dans leur univers, celui de l’oxygène rare. Le jour du sommet, j’étais derrière Norbu, enfin 200m derrière, sauf qu’il faisait la trace tout en déroulant 300m de corde fixe et en installant les pieux à neige pour que nous puissions utiliser nos jumars pour progresser. Et ce ci entre 7440m et 8163m !!! Prochain épisode, le portrait de Mingmamachine. Biz à tous. »

Mingmachine

« Mingmachine, c’est comme cela qu’on le nomme. Un physique hors norme, un cœur immense, 32 huit mille, juste pour construire sa maison dans son village natal. Chez nous, il serait une star invitée dans tous les festivals de films de montagne ; pour moi, un grand frère bienveillant. Pendant 5 semaines, j’ai eu la chance de vivre avec lui, tous les jours j’ai été le fruit de toutes ses attentions, de sa surveillance de tous les instants. Plusieurs fois dans la nuit, il me réveillait : « Philippe, ça va ? », juste pour voir si le MAM ne m’avait pas attrapé. Lorsque les séracs tombaient ou que de grosses avalanches se déclenchaient, immédiatement son instinct me réveillait, il jetait un œil dehors et rassurant, il disait : « Tu peux continuer à dormir. » Mais quand il fallait, il savait être dur, très dur, « avance, avance, ici c’est très dangereux ». Le jour du sommet, c’était le boss des sherpas. Là-haut, le sherpa, c’est ton second toi, ta seconde âme, ton second corps, ton second cœur. Un dévouement comme nul part ailleurs. Biz à tous. »

Au Népal peut-être davantage encore qu’ailleurs, une histoire de montagne est avant tout une histoire humaine. C’est l’esprit que nous avons à cœur de faire vivre chez Tribeni. L’histoire de Tribeni Trek avec Mingma a commencé il y a plusieurs années lors d’une expédition sur un sommet vierge, le Samdo peak. Un « petit » sommet pas si évident. Babulal et moi (Alex), avons vite compris qu’au-delà de ses capacités physiques exceptionnelles, on continuerait à bien se marrer à chaque rencontre et c’est ce qui c’est passé. Nous sommes restés en contact toutes ces années parfois sur des treks ou des expéditions, souvent juste par amitié. Alors quand Philippe m’a parlé du projet de 8000m, c’était une évidence, Mingma ferait partie de l’équipe et l’histoire continue…

Mingma au samdo peak

Mingma sur le glacier du Samdo peak. A plus de 5000m comme à Kathmandu : en jean…

Retour à Kathmandu

« Voilà deux jours de bouclés à Kathmandu. Entre les amis et dormir, le temps passe vite. Encore une fois, j’ai bénéficié de l’hospitalité sans limite du peuple népalais qui, malgrè les dures épreuves qu’il a traversé au printemps, reste égal à lui-même avec toujorus cette jovialité et cette façon extraordinaire de composer avec le temps, avec la vie. Biz à tous. »

Retour à Kathmandu après le sommet du Manaslu Retour à Kathmandu après le sommet du Manaslu, bière

Retour à Kathmandu après le sommet du Manaslu, pub et binouzes…